
septembre 16, 2025
Le mot « réconciliation » est souvent utilisé dans la société en général, mais que signifie-t-il réellement dans la pratique ? Au-delà des cérémonies et des déclarations, que pouvons-nous faire chacun d’entre nous pour soutenir ce processus dans notre vie quotidienne ?
Le 30 septembre, le Canada célèbre la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, un moment pour rendre hommage aux survivants du système des pensionnats indiens, se souvenir des enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux et réfléchir à notre responsabilité collective en matière de changement.
En lisant ces lignes, nous vous invitons à réfléchir à une question personnelle : quelles mesures avez-vous prises pour décoloniser votre espace, que ce soit au travail, dans votre communauté ou dans votre vie personnelle ?
De la réflexion à l’action
La décolonisation d’un espace peut prendre plusieurs formes. Elle peut signifier faire place aux voix autochtones dans la prise de décision afin que les perspectives qui ont été historiquement exclues soient au cœur de l’élaboration des résultats. Elle peut impliquer de réunir les connaissances traditionnelles et les méthodologies occidentales dans une approche à double vision, en reconnaissant que ces deux modes de connaissance renforcent notre compréhension collective.
Parfois, cela peut être aussi simple que d’apprendre les noms de lieux autochtones ou d’offrir une reconnaissance sincère et concrète du territoire. La décolonisation consiste également à porter un regard critique sur les pratiques quotidiennes, en se demandant quelles voix sont absentes, quelles connaissances sont valorisées et quels obstacles pourraient devoir être supprimés. En commençant par ce type de réflexion, nous reconnaissons que la réconciliation n’est pas seulement un engagement national, mais aussi une responsabilité personnelle permanente.
Une histoire commune
Pendant plus d’un siècle, des pensionnats ont fonctionné partout au Canada, arrachant de force les enfants autochtones à leurs familles, à leur langue et à leur culture. L’héritage de ces institutions comprend un traumatisme intergénérationnel profond qui continue d’affecter aujourd’hui les familles des Premières Nations, des Métis et des Inuits. Le traumatisme ne s’arrête pas aux survivants : il se répercute sur leurs enfants et petits-enfants, influençant leur santé, leur bien-être et leur vie communautaire.
En 2015, la Commission de vérité et réconciliation a publié ses 94 appels à l’action, fournissant une feuille de route aux gouvernements, aux institutions et aux individus pour réparer les relations et remédier aux dommages persistants du colonialisme. Près de 10 ans plus tard, les progrès ont été lents et bon nombre de ces appels à l’action restent sans réponse, ce qui nous rappelle que ce travail nécessite un engagement soutenu de la part de nous tous.
Promouvoir l’équité dans les soins
Partout au Canada, les dirigeants autochtones, les gardiens du savoir et les patients partenaires façonnent ce à quoi ressemble la réconciliation dans les domaines de la santé et de la recherche. Cela comprend l’intégration de la gouvernance, des systèmes de connaissances et des pratiques culturelles autochtones dans la manière dont les programmes sont élaborés et maintenus.
L’urgence est claire : un adulte autochtone sur trois au Canada est atteint d’une maladie rénale chronique, et beaucoup dépendent du système de santé pour obtenir un soutien continu. Pourtant, les inégalités restent criantes : selon Statistique Canada, 32 % des membres des Premières Nations (hors réserve), 30 % des Métis et 29 % des Inuits ont déclaré avoir eu des besoins de soins de santé non satisfaits au cours de l’année écoulée. Beaucoup doivent également faire face à de longues distances à parcourir, à des retards ou à des expériences de discrimination dans les soins.
Pour remédier à ces inégalités, il faut promouvoir la sécurité culturelle, utiliser de manière responsable les données sur la race, l’ethnicité et l’identité autochtone (REI) afin de combler les écarts, et soutenir les initiatives menées par les Autochtones qui reflètent les priorités de la communauté. Au sein de Can-SOLVE CKD, des ressources telles que le parcours d’apprentissage et les gardiens du savoir dans la recherche ont été co-créées avec des partenaires autochtones afin de renforcer la sécurité culturelle et d’intégrer la gouvernance autochtone dans la recherche. Plus récemment, cet engagement s’est élargi pour inclure un nouveau cercle de pratique, qui rassemble des personnes afin de partager leurs connaissances et de faire progresser la sécurité culturelle dans les systèmes de santé.
La réconciliation est un processus continu
La réconciliation prend tout son sens lorsque nous passons des paroles aux actes, en nous intéressant aux récits des survivants, en explorant des ressources telles que les webinaires « Lunch and Learn » du Centre national pour la vérité et la réconciliation ou les « 52 Ways to Reconcile » (52 façons de se réconcilier) de David A. Robertson, en soutenant les initiatives menées par les Autochtones et en plaidant en faveur d’un changement systémique.
Cela signifie également réfléchir à la manière de décoloniser nos propres espaces et nous demander : quelles mesures ai-je prises et que puis-je faire de plus ? En reconnaissant la vérité, en apprenant et en désapprenant ensemble, et en agissant avec empathie, nous pouvons contribuer à créer un avenir plus juste et plus équitable pour tous.

Résumé artistique tiré du document du gouvernement du Canada intitulé « Perspectives pour une législation sur la santé des Autochtones fondée sur la distinction : résumé ».
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